16 mars 2022 : Il y a deux ans, nous entrions en confinement, notre vie ressemblait à ça...

Le 16 mars 2020, nous entrions dans un premier confinement lié au coronavirus. Deux mois d'enfermement, de (re)découverte de soi, de l'autre, de soi, de soi, du chat et d'un périmètre de 1km autour de la porte…

16 mars 2022 : Il y a deux ans, nous entrions en confinement, notre vie ressemblait à ça...
© Stephane ALLAMAN/SIPA

Le 16 mars 2020 annonçait une nouvelle ère faite de repli entre 4 murs, de renoncements; de sorties limitées dans l'espace et le temps avec attestation de déplacements signée au stylo bleu… Ce jour là, Toto, votre croisé "siamois seal point" obèse aux yeux bleus (vous le présentez ainsi pour légitimer ses pattes sales, son strabisme et son mauvais caractère) a compris que plus rien ne serait jamais comme avant: fini la place sur le canapé (bonjour les croquettes à volonté et les promenades en laisse pour grapiller des minutes en extérieur).

Ce lundi là, vous avez pris votre première bonne résolution (la seule): faire une série… de fentes latérales et squats pour muscler jambes et fessiers au milieu du salon au son de "FAAAAME" (I'm gonna live forever/I'm gonna learn how to fly/I feel it coming together/People will see me and cry). Une initiative bientôt remplacée par 3 verres de vin dès 15h sur la musique de La Isla Bonita… en attendant l'apéro zoom avec votre mère.

Camille, votre petite dernière, a rapidement généré plus de bruit qu'Irene Cara et Madonna réunies et vous avez signé une pétition pour que les enseignants des classes de maternelles et d'écoles primaires reçoivent, tous, les insignes de l'Ordre National du Mérite. 

Légion d'Honneur, carrément, suggérez-vous, pour la prof de maths de votre fils, Léo, élève en 5e (dont les exercices vous ont fait relativiser votre niveau).

Une médaille d'or, aussi, pour votre chéri, qui tel un preux chevalier vêtu de gants MAPA (et d'une dérogation pour "achats de biens de première nécessité") est allé faire des courses au supermarché, braver les files d'attente, la pénurie de pâtes et de papier toilette… pendant que vous regardiez la vidéo d'une famille canard qui déambulait sur le périph', ou celle des biches et des daims sur le parking d'IKEA.

La nature a repris ses droits… et vous: le poids de votre 2e grossesse. Il faut dire qu'après avoir désinfecté carottes, poireaux et navets, il vous a semblé plus aisé de nourrir votre famille de pain de mie Harry's sous vide et de Nutella®. D'autant que casseroles et cuillères en bois étaient réservés aux applaudissements des soignants à 20H, chaque soir (juste avant de vous coucher, ivre et repue).

Et ce n'est ni ce mini-footing dans votre rue à compter les pâquerettes ni ces heures passées à vérifier à la fenêtre que votre voisin qui écoute Jul et Soprano à fond les ballons n'organisait pas une fête clandestine… qui vous ont permis d'éliminer.

Des rondeurs, donc, se sont installées et les plateformes ont envahi votre télé.

Aujourd'hui, vous êtes toujours abonnée à Netflix, Amazon Prime et Disney+, mais Toto le chat a repris ses habitudes sur le sofa…
Vous, c'est le divan d'un psy que vous fréquentez. Ces moments d'enfermement ont mis à rude épreuve votre moral, votre patience avec vos enfants… et votre couple.

Ce mercredi 16 mars 2022, le ciel a une teinte jaune-orangée. Votre mari a réenfilé la panoplie du parfait ménager et s'est emparé de l'éponge. Pas pour faire la vaisselle, non. Une pluie de sable s'est abattue. Sa voiture est recouverte de poussière du Sahara…

Deux ans après, la pandémie nous a arraché des proches, privé d'un deuil décent, rappelé l'importance de nos anciens, et celle d'aller les voir en EHPAD...

Le 16 mars 2020, le Président Macron annonçait une bataille sans pitié contre le virus. "Nous sommes en guerre", martelait-il dans son allocution. Les masques viennent de tomber. La Covid-19 est toujours là, mais le ton martial de l'Elysée est désormais destiné à un conflit armé. La Russie a envahi l'Ukraine et les morts se comptent à nouveau par milliers…